S'ÉVENTER

00 DSC 0021Marcher, monter, prendre la clé de la Chapelle.

Répéter.

Marcher, descendre, remettre la clé de la Chapelle.

Répéter.

Trimbaler, charrier, désherber, bouger.

S’faire des bleus, des scratchs, des échardes.

Jouer en masse.

Y’a deux choses, parait : la vie et le théâtre.

Ici, la cohabitation persiste et signe.

Parce qu’on fait des choses pour la première fois.

Y’a eu la bibitte.

Des boîtes, des valises pis ben du gear plus loin, on l’apprivoise bien : le show.

La blonde et la brune dans l’essai, la mise en place pis l’attente de la noirceur.

Quand l’soleil se couche, la bibitte se lève, s’installe prend vie dans lumière.

Y’a eu les lapins de Gaby. Y’étaient cutes, on les a mangé.

Fait des jokes en les dépeçant.

Y’a eu l’aurore boréale.

L’ciel en feu.

L’vert tire sul’ bleu.

Les étoiles disent pas un mot

A soir, c’est lui l ‘show.

Y’a eu l’char… Une roue en moins, une pièce de plus à changer.

On a parlé d’mécanique avec le frisé, regardé le frisé réparer le char. Pis réussir.

Y’a eu l’incantation aux limaces, le ballon-poteau, les bords de l’eau, les algues, les légumes dans l’caveau, pis les agneaux qui arrivent lundi.

Y’a les champs, y’a les fleurs, pis les abeilles se réveillent.

Y’a les histoires de demi-cochon, les expressions de fond de rang, des poules avec pas de dents.

Y’a le monde de la Coop pis de Cap-au-Renard.

Ya des presseurs d’huile,

Un torréfacteur,

Y’a des cultivateurs de projets,

Des bâtisseurs de carottes,

Des cueilleurs d’inusités,

Des hommes forts,

Des femmes d’affaires,

Et vice-versa.

L'ARRIVÉE

L'arrivée.00 vue 01

Le fil d''arrivée.

Quand ça fait juste commencer.

La route?

Ça c''est ben passé, rien vu aller, les deux doigts dans l''nez.

Y''avait l''fleuve à gauche, pis l''envie d''une bière en arrivant.

On l''a eu.

Le soleil, pis ses couchers aussi.

Y''a eu le tipi. C''t''un penthouse, un spot de haut calibre, plus que ben équipé: parfait.

 

On a trouvé notre filet, pis dins mailles, d''à travers les lignes, les pêcheurs de Tourelle. Y''avaient pas la parlote facile, mais l''monde se parle. En deux deux, ça sort du grenier du hangar du gars au t-shirt noir: le filet qui nous fallait. 

 

Y’a eu la chapelle du village. Est blanche et bleu poudre, à disposition variable, même l''autel pis toutte.

On s''est dit: Dieu merci! C''est là qu''on va répéter.

Ben ouain toi.

Y’a des jours de même.

Quand ben même y mouille, envoye par là. 

Y’a les oiseaux l''matin, les oiseaux l''midi, les oiseaux au crépuscule, les oiseaux qui jasent à longueur de journée.

Y’a retrouver l''tipi l''soir, pis s''lever sans cadran l''matin. Tôt. 

La Brune et la Blonde ben enlignées pis le Frisé pour nous aider dans tout ça.

Ça y va par là. 

DES FLAMMÈCHES PIS DES LEDS

blog 16 maiOn fait des listes, énumère nos priorités.

Regarde l''échéancier.

Dessine des crochets.

Check.

On prépare les terrains, met des points sur not'' carte.

L''itinéraire se précise.

Deux semaines les pieds dans l''sable fin. À l'abri d''une tempête, en plein vent, aux Îles pis mets-en!

Avant et après, c'est ben simple, on s'amuse des alentours.

Not' camp de base à Cap-au-Renard, y’a la Gaspésie des deux bords.

On prévoit en faire le tour, pis pas juste une fois c't'année!

Y'aura des shows-chapiteau, des shows-sur-un-bateau, des shows-gazebo.

Toujours proche du bord,

Jamais ben loin d'la côte.

Dans l'entre-temps, on entre en répétition.

Ça s'passe dans 10 jours.

Déménage les p'tits d''la compagnie,

Fait des boîtes,

Les bottes, envoye chez l'cordonnier,

On donne le coup final à la production.

La blonde ramasse not' décor à marée basse,

La brune packte ses bebelles,

Le sage électrique fait d'la magie. Y s'appelle Michel, c't'un sorcier. Ça s'passe dans son garage,  un gros garage, un atelier, avec des fils, des leds, branchés sul' 12 volt.

On y a dit: du théâtre dans l'bois!

Y nous a dit: pourquoi pas?!

Avec lui, on coupe le cordon de l'hydro. C'est parti d'une batterie pour bateau. Une batterie pour troller. Une batterie qui a l'air de rien, qui donne de la lumière: bleu, rouge, jaune. L'arc-en-ciel dans son sous-sol, dans des tubes en carton ou des pots de beurre de peanuts

Michel fait de la magie noire et blanche.

Michel nous éclaire.

Check!

Reste le décor: not' cabane, des filets, ben du nylon suspendu dins arbres.

Pis ça shine.

Scintille.

On dirait des bras dins airs.

Qui respirent.

Y’a pas d'musique.

De l'accordéon, on aimerait ben ça.

Pour l'automne, peut- être.

Là, c'est l'été.

On essaie le show, tous bords tous côtés petit petant.

C't'un conte théâtral.

On s'projette, regarde le ciel, on voudrait toucher l'top, s'trouver des beaux spots au soleil.

Ça s'appelle Les Fileuses.

C't'une histoire de pêche, bourré d'affaires qui s'vivent mais qui s'expliquent mal. 

Qui s'racontent.