Dire aujourd'hui

Il y a de ces matins où l'on se réveille en se disant que c'est "aujourd'hui".  Pas demain, aujourd'hui.
 
C'était un 10 juillet.  Montréal avait la carcasse lourde, fondante.  Mais existait un troisième étage, rue Des Érables, où déjà, ça sentait le vent du large.  Oui, déjà, et ce malgré tout.  Malgré la tornade d'avant-tournée, malgré que le ciel semblait nous être tombé sur la tête plus d'une fois cette semaine-là, malgré les listes qui n'en finissaient pas, oui, malgré tout, c'était là!  
 
Boîtes, sacs, sleeping-bags, notre petit Coleman qui a fait la deuxième guerre, caméra et ses à côtés, décor, geer de son, des gros bas chauds, Muskoil en prime ; notre vie au complet pour les deux prochains mois empillée sur le bord de la porte.
 
Deux paquets de nerfs au fond d'une cuisine très jaune, des mouches à feu dans les orteils, la patate qui se débat dès qu'on croit l'avoir entendu, elle, celle qui vient nous picker up, La Pipiche. C'était aujourd'hui, La Pipiche s'apprêtait à prendre la route, mais la Grand' route. On avait préparé, imaginé, projetté, espéré.  Quand même, ça fait toujours drôle de dire "aujourd'hui".  Pas demain.  Aujourd'hui.
 
Et comme elle sait se faire désirer (d'où son nom de baptême), La Pipiche nous a fait attendre.  Partir de Montréal à 7h00 PM au lieu de 10h00 AM, boire café par dessus café, se demander pour la vingt-sixième fois si on a oublié quelque chose, et please arrive! qu''on parte main-te-nant!
 
Dépassé Québec ça commence à être beau, mais en pleine nuit, va donc trouver un spot pour camper!  Un parking de Motel désert?  Pourquoi pas!  Framboisier garnis au lever, la 132 dans toute sa splendeur, le vent sent plus pareille, on aime ça.  À peine réveillé, on repart, St-Denis-de-Kamouraska, show #1 de la Tournée maritime.
 
À St-Denis, y vente en titi.  Notre chapiteau y a gouté.  Force est de constater qu''une toile de 30 pieds qui décide de prendre dans le vent, c'est capable de tirer un maudit gros bateau.  Alors avec nos petit bras, cinq paires (exceptionnement), on faisait légèrement pitié.  Avant de toutte se faire arracher, (non mais c'était pas du petit vent, là) on s'est rendu à l'évidence : on allait jouer à la belle étoile, crinquer les micros au maximum, et espérer une accalmie. 
 
Ces choses eurent toutes lieux.  Joie.
 
Next!!

Une première à  toute

mirroirUne vieille expression anonyme dit: Tant qu'à se mouiller, baignons-nous.
 
On a eu chaud. Mais très chaud.
 
Y'a la Pipiche, capricieuse à souhait, cute à en mourir, qui revêt de plus en plus de couleur.
 
Y’a Ripon, qu'on quitte en même temps que les répétitions. On a un show, c'est drôle à dire. Comme les dernières poussées avant que la tête ne sorte. Les dernières minutes avant l'orage. La seconde avant de commencer le show. Ça grouille. Pis pas juste dans l''estomac.
 
Y’a eu la première sortie en ville. La Pipiche comme une touriste. On la remarque de loin.
 
Y’a eu la grande route. «La Pipiche drivait, la Pipiche drivait, 60 miles à l’heure, pis à la pas prit l'ditch».
 
Y’a eu des boostage, 4 au total. Là, ça va mieux.
 
Y’a eu une avant-première en intimité familliale, y’a eu une première officielle à St-André-Avellin. Des terrains connus. L'un était accidenté, avec des bosses, des bosquets, des roches, un puits artésien. L'autre en béton, avec garnotte compactée en extra, mais tout est possible du moment qu''on a des clous. Des gros clous. 14 pouces.
 
Y’a de ces terrains connus qui prennent soudainement un autre air. Pas nécessairement de famille. Imposteur improvisée d''une soirée, on force le fantastique à même l''asphalte, on suspend le temps entre deux trépieds, on l'étire en l'espace d'un chapiteau, forcé d'admettre que la magie opère.
Ça commence à sentir le pop-corn, c'est bon signe.
 
Pis y'a eu les shows. Le public surtout, qui donne sens à tout ce qu''on fait.
 
Raconter.


Toute est dans toute.

009Toute est dans toute.

On a peut-être pas grand chose, mais l'essentiel est là: de l''aide ingénieuse, des coups de main bien placés, une chanson à point entonnée, des «ployes » pis des patates.
 
Y’a les amis, les amis des amis, la famille, les voisins, les curieux, autant de précieux collaborateurs du prêt, pas prêt, allez-y!

Y’a de ceux qui nous «groundent», un en particulier, qui rappelle que le plancher est pas fait que pour les vaches. Un technicien hors pair, un ange en cap d'acier.

Y’a les plugs, les pins, les grounds, les dimmers, de l''électricité en masse. Y parait qu'on en transmet. C'est une machine qui l''a dit. Une autre affaire qui se calcule mais qui se mesure pas. En y pensant bien, c''est plein de ces p'tites choses là.

C'est l'équinoxe, wake up les grandes!

Départ dans vraiment pas longtemps!

Steph, Michel, Oli, Marc, Willis, Benet, Dan, les employés du BMR(!) pis toutte les autres fous, merci de l'être avec nous!