L'espace public

dsc 0184 045Novembre 2012. Plus d’un an que sont nées les premières idées du Projet TROU NOIR. Depuis, la « bête» a fait ses premiers pas, s’est enfargée, s’est relevée, a pris son élan pis a regardé en avant. Depuis, c’est pas moins de 24 versions de texte, 600 pieds de fils électrique, les 8 cylindres d''un Dodge RAM 1987, 14 perches en bois rond, 1 alternateur, 3 entrées micro, des centaines de drapeaux, 3 kazoo, environ 112 heures en montage/démontage, 5 coups de soleil et près de 8000 km de route sur 4 provinces qui furent mis à contribution. TROU NOIR, c''est 28 représentations extérieures, sans aucune annulation, beau temps, mauvais temps, sur du gazon, du béton ou de la garnotte. C''est l''odeur du pop-corn comme une invitation aux passants, les réactions spontanées des enfants et les spectateurs à deux pouces du nez. La blonde, la brune, le frisé et le public qui se partagent des histoires d''un soir.

 

TROU NOIR 2012, c’était ça.

Mais aussi… Comme une machette qui cherche son chemin dans’ brousse. On essayait quelque chose. Voir comment il était possible qu’une troupe, compagnie, regroupement d’artistes, name it, sorte des grands centres pour partager ses projets, et ce, même à petite échelle. Voir comment on pouvait proposer quelque chose de «différent» à des communautés francophones hors Québec qui, souvent, n’était jamais allé au théâtre. Voir comment on pouvait créer un précédent, une expérience renouvelable. Voir comment on pouvait créer la demande. Voir comment d’autres ti-culs comme nous pouvaient avoir en leur possession les outils pour partir, eux aussi, avec leur spectacle.

TROU NOIR 2012 c’était aussi ça. Et ça a donné 27 terrains, tous différents, 20 diffuseurs (campings, auberges, parc nationaux, bars, centres communautaires..), et plus de 2500 personnes touchées par le projet. Sur 4 provinces, ces lieux, à la base non-théâtraux pour la plupart, nous ont reçus à bras ouverts et ont fait preuve de la plus grande des générosités.


     QUÉBEC

        -  P’tit café de l’auberge, St-André Avellin, Outaouais. Stationnement derrière le bar. Personne contact : Dominic Rauzon.

        -  Griffon Aventure, Anse-au-Griffon, Gaspésie. Espace gazonné près du bar. Personne contact : Hugues Paquet

        -  Auberge Festive Sea-Shack, Ruisseau-Castor, Gaspésie. Espaces multiples. Personne contact : Alexis Poirier

        -  Micro-brasserie La Naufrageur, Carleton-sur-mer, Gaspésie. Stationnement derrière le bar. Personne contact : Phillippe Gauthier

        -  Aster, la station scientifique du Bas St-Laurent, St-Louis-du-Ha!-Ha! Espaces multiples. Personne contact : Marie-Ève Pelletier.

        -  Parc de la Gare de Rimouski. Espace gazonné. Personne contact : Caroline Sirois.

        -  Théâtre de la Petite-Marée, Bonaventure, Gaspésie. Espace gazonné entre le camping Beaubassin et le théâtre. Personne contact : Jacques Laroque.

        -  Parc de la Gaspésie, Sainte-Anne-des-Monts, Gaspésie. Espaces Multiples. Personne contact : Claude Isabel.


     NOUVEAU-BRUNSWICK

        -  L’Estival, festival d’été du Théâtre Populaire d’Acadie, péninsule acadienne. Lieux visité : Boîte Théâtre à Caraquet (espace gazonné à côté du théâtre), École de Paquetteville (Espaces multiples), Camping Colibri à Bertrand (Espace couvert, centre des activités), Parc des Bâtisseurs à Pointe-de-Maisonnette (Grand espace gazonné), Camping de Pokemouche (Espaces multiples), Camps Jeunesse Richelieu à Tracadie-Sheila (Espaces multiples), Camping Lamèque (Espaces multiples). Personne contact : Maurice Arsenault.

        -  Pavillon Jean-Cadieux, Université de Moncton, Festival Acadie Rock du centre Culturel Aberdeen. Grand espace gazonné. Personne contact : Éric Cormier.

        -  Festival des Étoiles, Parc National Fundy, Alma. Espaces multiples. Personne contact : Anne Bardou.

        -  Festival Éco-Art, Parc du Cap Jourimain. Espace gazonné près du centre. Personne contact : Roland Chiasson.

 

     NOUVELLE-ÉCOSSE

        -  Parc municipal de Meteghan, Maison de la bouche rouverte, Baie Ste-Marie. Espace gazonné dans le parc pour enfant. Personne contact : Jocelyne Comeau.

        -  Village Historique de Pubnico. Espaces multiples. Personne contact : Roger d’Entremont.

        -  Parc du Front-de-mer, Centre-Ville d’Halifax, Centre Communautaire du Grand-Hâvre. Espace multiples, très touristique. Personne contact : Jules Chiasson.

 

     ÎLE-DU-PRINCE-EDOUARD

        -  Carrefour de l’Isle-St-Jean, Charlottetwon. Espaces multiples derrière l’école et la garderie. Personne contact : Émile Gallant.

        -  Conseil Acadien de Rustico. Grand espace gazonné derrière l’école francophone. Personne contact : Christopher Ogg.

        -  Conseil Scolaire Communautaire Évangeline, parc municipal de Wellington. Grand espace gazonné près du musée. Personne contact : Annette Richard.

Ailleurs, pis loin.

DSC 0284 109Prendre son temps ca risque rien.
Y parrait.
Si on le pouvait, on voyagerait sur place en avançant. Le paysage défile, la Pipiche grince, pis pourtant, une grande part de nous voudrait que ça s'étire à l''infini. Y'en reste moins en avant qu'en arrière. On est debout, pis pourtant, on a le cœur à l'envers.

 

Y'a eu la Nouvelle-Écosse. Halifax dans la brume, sur le Front-de-Mer effronté. Des paquebots en arrière plan, les nouveaux mariés devant l'île George, les orages isolés de notre démontage, la flamme de la raffinerie comme un soleil nocturne. Et en guise de clôture, un Donair ramassé sur la route. On se passera de commentaires.

Y'a eu Pubnico, pis son Village historique acadien. Ses Acadiens surtout. Des passants curieux qui s'arrêtent, jasent. Ceusse-là même qui font l'Acadie d'aujourd'hui. Des Acadiens aux histoires colorées, portées par une langue riche, belle, mais belle! L’accent de par en Bas, pis celui de par en Haut. La blonde, la brune pis le frisés, dépaysée pour le première fois.

Y'a eu la Vallée d'Annapolis, sa chaleur, ses odeurs, sa beauté. La vallée des vices. Y'a eut Cape Georges, perdu quelque part dans l'fin fond du boutte d''la route. Une soirée toute en musique acoustique pis de recettes en papillotes gossées. Les papilles pis les pupilles en harmonie d'un soir d'été. Le soleil qui se couche par la mer, le cap, l’abandon, la paix, la vraie. Et revenir à Moncton sales, salés, déconnectés. Des kilomètres, des côtes en dentelle de péninsule, des maisons en bois qui ont vu neiger.

Y'a eu Meteghan pis son parc pour enfant comme une grande scène. Juste pour nous. La blonde, la brune pis le frisé comme des kids. Pis du public qui nous amuse tout autant. Y'a eu Damien, son hospitalité, des sofas mous dans un sous-sol qui sentait bon la Baie-Ste-Marie.

Y'a eut le Parc de la Baie de Fundy. Au delà du paysage, y'avait aussi la perspective d'une soirée mouvementée. Une audience bien garnie (ça débordait du chapiteau pour la première fois!) et attentive; un show unique en son genre! Pis y'a eu les étoiles. Des astronomes amateurs équipées de machine à voyager dans le temps. Dans l'oeil de leur télescopes, des images indescriptibles, lointaines, inconcevables. On a vu Messier 32, en vrai. Notre danseuse de balaie, là, dans l'ciel, bien visible. On a vu les Pléiades, Andromèdes, l'étoile Polaire pis sa jumelle. On en a eu plein la vue.

Y'a eu l'Ile-du-Prince-Édouard. La traversée du pont de la Confédération sous l'soleil; un mot de bienvenu.

Y'a eu Rustico, un terrain immense où la Pipiche avait l’air d’une tite fourmis.

Y'a eu Wellington, un bord de plage avant le montage pis un show hommage, conscient du reste: deux shows à faire.

Y'a eu une journée sous la pluie. Pas grave! On s'est rendu à Malpèque, flairant la bonne affaire. Et pour cause. Sur le bord de l''eau, à la limite du Parc National, la Pipiche s’est installée pour la nuit. C'était sans imaginer le reste: la pluie qui cesse. Ça part bien! D'un côté, le coucher de soleil, oh yeah!, de l'autre, un double rainbow!!! Ayoye!

Pis y'a eu Charlottetown, en bouquet final. Le moton dans gorge pis les émotions dans l'tapis, on s'est installé, on a joué pis on a démonté. On a pas célébré. Y'en reste encore, ça peux pas vraiment être fini.

Y'a eut Abram-Village pis son festival acadien. La blonde pis le frisée en lice pour le Concours de talent local. Acadian got talent, pis c'est vrai. Y'ont peut-être pas gagné, mais le yodel rentrait au poste! Y'a eu la foire agricole, ses concours de beauté de génisses, son exposition de poules, la compétition du lancer de la botte, pis on a betté sur le bingo de la vache, ou plus souvent appelé le concours de la vache qui chie. On a 7 chances sur 2000!!

 

Là, on repart pour le Québec.

Doucement.

 

On prend 10 jours.

Parrait que de prendre don temps, ça risque rien.

On verra ben.

Des Vacances

DSC 0131 055Les Vacances.
 
Presque 10 jours juste pour nous.
Y'a eut les ''activités''. Un mot plate pour dire: jouer. De tout, n'importe où. Au bowling, à witches, au musée du train ou au pays de la Sagouine. Du paysage, aussi, comme un grand terrain de jeu. Y'a eut la Baie de Fundy avec son Cap-Enragé. Des invitations à regarder haut, grand pis loin.

Y'a eut Beaumont perdu dans la brume d'un lendemain de veille.

Y'a eut Pointe-Du-Chêne pis ses plages.  Cap-Pelé, quand l'orage est passée juste à côté.

Y'a eut de longues marches dans l'bois, à la recherche du ruisseau perdu ou d'un champignon comestible.

Assis à terre, les deux pieds dans l'eau, à écouter l'air marin faire crépiter notre feu de joie.

On serait-tu pas dans notre élément nous autres-là?

Y'a eut Grand-Digue, la maison tout aussi colorée que Rémi et Karine. Un terrain des merveilles, un show ''comme à la maison''.  D'la pluie? Pas grave! D'la bouette? Ouain pis! Y'avait la musique, la bonne compagnie, un chanteur-canard même.  Une soirée de plus en mémoire.
Y'a eut Moncton. La Main pis ses bars. La track de chemin de fer. Moncton pis ses demandes d'autorisations, de permis sanitaires, de plans architecturaux.

''C'' t'un p'tit chapiteau, pis la Pipiche est pas grosse''. Moncton pis son gazon.

Y'a finallement eut un show. À l'Université de Moncton. Le jeu en valait pourtant la chandelle, brûlée presque des deux bouttes.

Moncton pis ses extrêmes, sa fierté, sa gentillesse. Du good time, entre deux ''take care'' pis ben des hugs.