L'ULTIME POUR LES INTIMES

00 grange 11L''Ultime pour les intimes.

 

Y’a eu une générale devant l''frisé, comme un dernier l''slow à la Chapelle après trop d''french kiss. Collé-collé, on a broké-up, rompu le sort. 

Y’a eu le démontage du décor; y sort à soir!

Y’a eu une avant-première.

Dehors, y mouillait. En d''dans, faisait beau. Dans le hangar de l''AMO 18, on a senti venir l''orage, entendu pleurer la tôle. On a parlé fort.

Devant, la Blonde pis la Brune: un premier vrai public, innocent.

Y''étaient six, assis sur des glacières ou sur des chaudières virées à l''envers.

Attentifs, généreux, expressifs.

Ça a fini en party de garage.

Y''étaient six, fois mille. Merci ben!

Y’a eu la Première.

L''Sea Shack qui nous back, l''bus festif qui débarque, deux loads de monde plus tard: on était proche d''une cinquantaine dans grange familiale aux Pelletier.

Ça mérite l''détour.

On est débarqué-là, un soir.

 

Cogne, cogne, on faisait du porte-à-porte.

Y’a eu des tentatives infructueuses.

Deux.

Sans trois.

Perchée entre les montagnes pis l''fleuve, était là: the grange. Une grosse grange, classée patrimoine familiale. Et pour cause.

Cogne, cogne, ça répondait pas.

La blonde- était toutte de jaune vêtue c''te soirée-là, un pinson, rien d''épeurant. 

La Blonde de s''foutre la face dans fenêtre pis de voir une madame, tout sourire.

A pensait qu''on était des témoins.

On est entré pis ça a déboulé.

Était sourde comme un pot, mais adorable comme une fleur.

Madame Noël Pelletier. 

À nous a dit: Voyez-ça avec Ti-Guy, c''est mon gars.

On est allé voir Ti-Guy.

Y’a pas juste dit :Oui.

Ça sonnait plus comme: OUI, PIS METS-EN!

Y’a eu la Famille Pelletier.

L''coeur sua mains,

L''coeur à l''ouvrage

L''coeur à bonne place.

La Blonde pis la Brune reçus comme des Reines, saumon fumé, couché de soleil pis leurs souvenirs d''enfance en apéro.

Les Fileuses traitées aux petits soins: tassé l''tracteur, égalisé l''terrain, sorti les balles de foin.

On a lancé Les Fileuses dimanche soir, vu ça péter quekpart à Saint-Anne-des-Monts.

Y’a une première à toutte.

D''la terre battue par 50 ans d''exploitation agricole comme scène, des trous d''roche au plafond pis un ciel aux allures de boule disco.

Ça nous picotait jusque dins'' pieds.

La Blonde et la Brune en feu.

Pis l''public, packté serré sur des madriers, pop-corn pis ben des bulles, l''air de rien, authentique.

Y’a eu le silence de l''écoute pis des rires en récompenses.

Toutte pour feeler ben.

Là, y’a la route qui s''pointe, la 132 de faire la belle, de s''inviter jusque dans nos play list, nos to-do list, nos derniers préparatifs.

La 132 de nous donner l''goût d''la voir défiler. 

La 132 de s''réchauffer, d''évacuer d''la fume.

La 132 d''asphalte et de fantasmes.

La 132 dans deux jours.  

RÉTRO
S'ÉVENTER